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Poser un objectif : le vrai début de la séance

Marie Jacquier
Écrit par Marie Jacquier
30 juin 2026 · Lecture 4 min
Un carnet ouvert avec un stylo posé dessus et quelques graminées séchées

Les gens arrivent souvent en s’excusant : « je ne sais pas trop par où commencer ». Tant mieux. Si vous saviez exactement quoi demander, vous n’auriez probablement pas besoin de moi. Trouver la bonne formulation, c’est déjà la moitié du travail.

Du problème à l’objectif

La plupart du temps, on arrive avec un problème : « je dors mal », « je n’y arrive plus », « ça recommence ». C’est un point de départ parfaitement valable, mais ce n’est pas une direction. Un problème décrit d’où l’on vient ; un objectif dit vers où l’on va.

Alors on retourne la phrase, ensemble, sans se presser. « Je n’y arrive plus » devient parfois « je retrouve confiance dans ma capacité à décider ». Ce n’est pas de la pensée positive : c’est simplement donner au corps une cible qu’il puisse reconnaître. Une négation, il ne sait pas quoi en faire.

Trois critères, et pas un de plus

Un objectif qui tient la route est formulé au présent, à la première personne, et il ne dépend que de vous. « Mon fils travaille mieux à l’école » ne passe pas : ce n’est pas votre séance, c’est la sienne. « Je reste calme quand nous parlons de ses devoirs » : voilà quelque chose sur quoi on peut travailler.

Il doit aussi être vérifiable, au moins pour vous. Pas nécessairement mesurable — on n’est pas en gestion de projet — mais assez concret pour que vous sachiez, dans trois semaines, si quelque chose a bougé. « Aller mieux » est trop vague. « Sortir de mon lit sans redouter la journée » est déjà beaucoup plus clair.

Quand l’objectif se déplace

Il arrive régulièrement que ce qu’on a posé au départ ne soit pas ce qui se travaille. On commence par une histoire de sommeil, et c’est un sujet professionnel qui remonte. Ce n’est pas un raté : c’est le signe qu’on a touché quelque chose de plus profond que la porte d’entrée.

Je le dis toujours en début de séance : l’objectif est une boussole, pas un contrat. On le garde en vue, on y revient à la fin, mais on ne s’interdit pas de suivre le chemin qui s’ouvre en route.

Ce que vous pouvez préparer avant de venir

Rien d’obligatoire. Mais si l’envie vous prend, notez pendant la semaine les moments où ça coince — pas l’analyse, juste les situations. Ce sont ces détails-là, souvent, qui font apparaître le fil conducteur en dix minutes plutôt qu’en deux séances.

Et si vous arrivez avec seulement « je ne me sens pas bien et je ne sais pas pourquoi » : c’est très bien aussi. On partira de là. C’est mon métier de vous aider à mettre des mots dessus, pas le vôtre d’arriver avec la réponse.

Marie Jacquier
Marie Jacquier
KinésiologueKintessence, Genève